Il n’est pas dans notre propos d’argumenter ici sur le bien-fondé ou l’importance d’une éducation bilingue. La pratique d’une langue étrangère, durant l’enfance, stimule les facultés de mémorisation, de logique et facilite l’apprentissage ultérieur d’autres langues étrangères, à l’âge du collège ou du lycée.
Le principal souci des familles bilingues est d’éviter à l’enfant l’impression de marginalisation du fait de la pratique d’une langue étrangère par rapport à l’environnement social et langagier. La langue faible n’est pas ou peu représentée dans l’environnement familial (au mieux, par un seul des deux parents). Ce déséquilibre entre les langues revêt de plus en plus d’importance surtout à partir de l’âge de six ans, lorsque l’enfant commence à fréquenter l’école primaire. Il ne rencontre alors plus que des monolingues parlant la langue de l’entourage. A partir de ce moment, l’enfant aura tendance à ressentir sa langue faible comme inutile, parfois comme dévalorisante, voire même comme source de discrimination. La "pratique renforcée" de sa langue forte associée à une "mise en veilleuse" de sa langue faible aboutiront inévitablement à un effort accru pour la pratique de cette dernière, ce qui constitue une raison supplémentaire de la "boycotter".
Le désir des familles monolingues est de permettre à leurs enfants de poursuivre ce qui, par choix et conviction, a pu être commencé en maternelle bilingue.
Une structure où serait pratiquée l’immersion langagière et culturelle, représente la solution idéale. Mais pour obtenir de passer sous contrat avec l’éducation nationale, il n’est pas possible, comme en maternelle, de maintenir une véritable parité entre les langues. Il est donc seulement souhaitable d’offrir un minimum de 6 heures par semaine de pratique de la langue étrangère.
Ces 6 heures se répartissent en 1 heure et demi d’apprentissage, tous les matins, (4 jours dans la semaine).
Cette solution soutient l’enfant et la famille à deux niveaux : elle contribue à (re)valoriser la langue faible par son institutionnalisation : d’abord, à travers l’enseignant et les intervenants de langue étrangère ensuite, par le contact avec d’autres enfants pratiquant la même langue étrangère. Aux yeux de l’enfant, la langue redevient utile et nécessaire. En même temps, la pratique et l’écoute, ainsi intensifiées de la langue faible, permettent à l’enfant d’améliorer progressivement ses compétences linguistiques. Peu à peu, sa langue faible lui demandera moins d’effort pour s’exprimer, ce qui augmentera d’autant sa disposition à s’identifier avec elle et donc à la parler. L’enfant s’épanouira, au quotidien, dans ce bain de bilinguisme.
Pour ce faire, il faut proposer une structure adaptée à des enfants d’âges différents, issus d’origines et de milieux divers mais qui auront en commun une approche spécifique d’une langue étrangère. Il s’agit donc de créer un lieu de vie, de culture, d’éveil et d’éducation pour les enfants, les parents et les enseignants. Il doit répondre aux besoins intellectuels, affectifs et sociaux de l’enfant, durant les années d’école primaire. La particularité du bilinguisme est un atout, puisqu’il s’agit
de l’ouverture sur deux cultures par le biais de la pratique intensive des deux langues.
A ce stade, il paraît important de souligner qu’être bilingue ne signifie pas seulement parler deux langues. Comme vecteur, le langage est perçu comme la manifestation la plus visible de la prise de contact avec une autre culture. Ainsi le bilinguisme n’est pas dissociable d’un tout culturel, gage d’ouverture d’esprit et de tolérance.
La motivation pour les enfants de parents bilingues est relativement forte et évidente. Celle d’un enfant issu d’un milieu monolingue peut rester fragile. Pourtant, de cette motivation dépendra, bien évidemment, la réussite du projet. Il importe donc, dès le CP, de valoriser le bilinguisme de façon à ce que l’enfant perçoive, de lui-même, tout l’intérêt de ce double apprentissage. Cette adhésion de l’enfant est indispensable pour obtenir de bons résultats. Mais, le degré de réussite dépendra aussi de la compétence et de la motivation de l’équipe pédagogique.
Il y a deux aspects :
· l’aspect pédago-psychologique ; la connaissance approfondie du développement et des besoins de l’enfant, en général,
· l’aspect langagier et social ; il exige des "médiateurs" bilingues vivant la culture des deux sociétés et connaissant bien les fondements théoriques interdisciplinaires du bilinguisme.
En classe unique et /ou limitée dans le nombre d’élèves, la pédagogie sera fondée sur la reconnaissance et la prise en compte, pour chaque enfant, de toute sa personnalité. Elle respectera ses rythmes naturels et son développement. Enfin, pour les plus jeunes, elle encouragera leurs participations au sein de la classe unique afin de conforter l’étape vécue en maternelle, de sa socialisation. En effet, l’entourage devient franchement scolaire, passant à un groupe aux relations affectives différentes.
Par contrecoup, c’est la découverte et l’apprentissage progressif d’encore plus d’autonomie. Le temps passé par l’enfant au sein de l’école primaire bilingue doit lui permettre de se sentir dans un milieu sécurisant et stable. C’est le meilleur gage de sa progression dans les deux langues. Il s’épanouira à son rythme, stimulé par l’exemple des plus grands et sans avoir constamment peur d’entreprendre. Il y gagnera donc aussi en confiance et en maîtrise de soi.
Les matières dites "d’éveil" (sport, arts plastiques et initiation musicale) sont trop souvent négligées ou considérées comme mineures. L’école primaire bilingue accorde, au contraire, beaucoup d’importance à ces activités "d’éveil" et leur consacre de larges plages horaires animées par des intervenants spécialisés. Ces activités "d’éveil" participent à la "construction" progressive et harmonieuse de l’enfant. Elles contribuent à l’acquisition d’une connaissance et d’une maîtrise de soi.
Elles doivent tendre à affiner la motricité, à commencer à forger les propres critères en matière de goût et d’esthétique, à stimuler l’imagination et à découvrir le
sens de l’effort. Les séquence "d’éveil" permettent, dans un "espace-temps" limité, de concrétiser un résultat, fruit de motivation, d’application, de rigueur (au service de la fantaisie) et de patience.
Ces notions, déterminantes quant à la personnalité de l’individu, participent fortement à la structuration de l’enfant et aident à son équilibre physique et sensoriel.
Elles participent aussi, bien entendu, à l’analyse qu’on peut faire sur l’épanouissement physique, social et culturel, à un stade où détection et correction sont encore possibles.
LES BUTS EDUCATIFS
A chaque domaine disciplinaire correspond un but précis.
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L’apprentissage de la grammaire, de l’orthographe, des conjugaisons, du vocabulaire en français. La langue étrangère est d’abord limitée à un apprentissage oral |
Structurer l’expression, initier l’enfant à une communication ordonnée, dans les deux langues |
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L éducation langagière et la lecture, d’abord en français puis progressivement dans l’autre langue |
Apprendre à l’enfant à comprendre son environnement donc à communiquer |
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Le calcul et les mathématiques, en français. L’apprentissage pouvant être différent dans l’autre langue, il ne peut être d’abord qu’évoqué. |
Développer les facultés de la pensée abstraite et symbolique en tenant compte des différences méthodologiques dans les deux langues |
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Le sport, les arts plastiques, la musique |
Affiner la motricité, développer les sens, établir un équilibre corps / esprit, découvrir le sens et le goût de l’effort, apprendre à être responsable et patient |
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L’histoire, la géographie et l’instruction civique |
Acquérir des repères dans le temps et dans l’espace, apprendre à vivre les différences, à respecter l’environnement et le bien collectif |
LES DIFFERENTS DOMAINES DISCIPLINAIRES
La grammaire, l’orthographe, les conjugaisons et le vocabulaire
· Comprendre la corrélation des mots, leur place dans la phrase, interpréter correctement les substituts et les mots de liaison d’un texte, comprendre signification et usage des divers modes et temps verbaux sont les fondements nécessaires à la maîtrise d’une langue. Ces connaissances fondamentales seront acquises en français puis, peu à peu, dans l’autre langue mais d’abord seulement à l’oral.
· L’orthographe est très importante et révélatrice. Elle est une finalité en soi. Ecrire correctement doit procurer plaisir et satisfaction. A plusieurs niveaux, elle représente l’un des éléments les plus importants pour le développement de l’enfant : la rigueur.
· Un autre aspect important de la maîtrise de la langue est d’être capable de reformuler, avec son vocabulaire (avec ses mots) une lecture ou un récit entendu. Cet exercice peut être ludique en se mettant en situation (jeu de voix et gestuelle) tout en permettant à l’enfant d’affermir sa confiance en lui-même.
· Si lire c’est comprendre un texte (dont la complexité est fonction de l’âge et du niveau de l’enfant), c’est aussi savoir se servir d’un dictionnaire pour chercher une information (orthographe, définition, étymologie, synonyme, etc.). De bons exemples de transversalité ; en mathématiques, lire, c’est bien comprendre l’énoncé d’un problème et maîtriser le calcul, en histoire, c’est comprendre une chronologie. "Last but not least", pour apprendre, il faut savoir lire.
· Ecrire, c’est élaborer un texte en respectant les contraintes orthographiques, syntaxiques et lexicales. La maîtrise de ces contraintes permet une bonne communication, gage du développement et de l’épanouissement de l’enfant.
Ces activités seront appréciées tout particulièrement par le temps consacré à l’acquisition de ces fondamentaux.
L’éducation langagière
La communication est un objectif majeur. Il est important qu’un enfant puisse écouter une personne conter une histoire. Le support audio ne peut remplacer l’enseignant, aussi bien dans un contexte monolingue que bilingue.
En fonction du niveau atteint, l’accompagnement doit devenir plus actif. Sur toute la durée d’un cycle (2ème et 3ème cycle correspondent au CP-CE1 et CE2-CM2), il s’agit d’organiser et de mettre en place le potentiel acquis dès la maternelle.
Conter une histoire et la faire raconter sont des vecteurs complexes d’apprentissage. En français et dans la langue étrangère, le langage de l’enfant s’enrichit quotidiennement de mots et d’expressions dont il ne saisit pas forcément toute la signification. Il est donc important de constamment vérifier la compréhension du vocabulaire en s’assurant d’une utilisation correcte des termes nouveaux en faisant raconter, jouer ou illustrer une histoire.
La tranche d’âge de six à dix ans représente une période particulièrement propice pour "valider les acquis" de la pratique d’une autre langue. Cela n’apparaît pas comme un apprentissage systématique, mais comme un outil pour découvrir, communiquer, créer. Ainsi, pour un enfant monolingue francophone, l’autre langue deviendra progressivement l’instrument de pensée, de jeu et d’apprentissage et inversement avec le français pour un enfant étranger.
Ceci exige que l’enfant ressente une forte motivation au point de considérer l’usage de cette autre langue comme une nécessité sociale. Alors, tout naturellement, il fera un effort. C’est tout le sens de notre démarche pédagogique au sein de l’école primaire bilingue.
Le calcul et les mathématiques
L’enfant doit faire l’apprentissage d’obligations nouvelles, comme, par exemple, apprendre à compter puis à calculer. Commencé avec la connaissance des chiffres puis des nombres, il va mettre progressivement ces connaissances en relation avec une démarche abstraite.
L’un des buts de l’école primaire bilingue est de permettre, si possible, cet apprentissage dans les deux langues. Les activités de calcul et de mathématiques peuvent donc aussi être orientées dans ce sens.
La méthodologie est différente en allemand et en anglais de celle utilisée en français. Il importe, puisque le résultat final à atteindre est identique, de surmonter les risques de confusion en structurant bien les cheminements distincts.
L’éducation physique, artistique et manuelle, musicale
Ces matières doivent être mises à profit pour éveiller les sens de l’enfant, source d’un développement harmonieux.
L’éducation physique et sportive permet l’acquisition de compétences et de connaissances pour mieux connaître son corps, le respecter et le garder en bonne santé.
L’activité manuelle "artistique" doit d’abord permettre une symbiose avec la matière. Elle contribue à affiner la motricité, à développer l’imagination et le goût.
Le plaisir du résultat, de concrétiser, d’exprimer son "ressenti", d’aboutir à un produit fini, est une expérience indispensable pour l’enfant. Elle sera une motivation forte pour l’inciter à s’appliquer et à être patient.
L’activité "chant et musique" est directement liée à l’éducation physique : l’enfant trouve ici le temps de "souffler", en apprenant à respirer. Elle revêt aussi une très grande importance dans la découverte de la concordance, ou non-concordance, phonétique des sons entre les deux langues.
Le rythme, le son et le mouvement sont de merveilleux outils pour développer les sens de l’enfant. Il ressent beaucoup plus qu’il ne comprend.
L’éducation culturelle et la découverte de l’environnement
Une structure où se rencontrent des enfants issus de cultures différentes, se prête tout particulièrement à la découverte de la mentalité, des us et coutumes de l’autre.
On peut, toujours dans le respect mutuel, comparer, essayer, faire comme l’autre, s’étonner et préférer, choisir, prendre ses distances et définir sa façon d’agir.
Au gré des saisons, l’enfant apprendra à découvrir, respecter et préserver son environnement par des thèmes adaptés à sa progression.
L’histoire, la géographie et l’instruction civique
Le programme donne la prépondérance à la France mais réserve une place très importante à l’Europe. En histoire, sur les six périodes à étudier, il y en a quatre qui, au moins partiellement, concernent directement l’histoire des autres pays (le Moyen Age, la révolution de 1789 et l’Empire, le XIXe et le XXe siècles). L’approche en est sans doute moins manichéenne et surtout moins nombriliste.
En géographie, l’Union Européenne est largement traitée ; le sens de notre démarche pédagogique au sein de l’école primaire bilingue est d’établir des liens plus étroits avec l’histoire et l’instruction civique.
L’instruction civique ne se résume pas à la seule acquisition d’un savoir mais plutôt à celle d’un comportement.
L’IMPORTANCE DES RYTHMES
L’enfant a besoin de retrouver, dans tous les champs disciplinaires, un rythme qui organise et compartimente sa journée et lui serve de repère. Cela contribue à le sécuriser et permet d’équilibrer et d’harmoniser ses efforts.
La prise en compte des saisons et des fêtes, sans exclusive culturelle ou religieuse, offre de multiples possibilités pédagogiques. Les fêtes traditionnelles européennes sont, à cet égard, nombreuses et réparties tout au long de l’année. Citons, à titre d’exemple, en septembre, la fête de la moisson, en novembre, la fête de la lumière, début décembre, "Nikolaus", etc. La préparation et la célébration des fêtes, tout au long de l’année, poursuivent plusieurs objectifs. Tout d’abord, on peut dire que par leurs rites et chansons, elles sont des vecteurs de connaissances et de valeurs culturelles pour les enfants. Mais aussi, les connotations positives créées par les fêtes seront automatiquement associées à la langue et contribuent ainsi à sa (re)valorisation. Enfin, elles peuvent être l’occasion de réunir enfants et parents. C’est un moment privilégié où les enfants montrent à leurs familles ce qu’ils ont appris ou réalisé à cette occasion.
UN PROJET PEDAGOGIQUE EN COOPERATION AVEC LES PARENTS
Il est particulièrement important qu’il y ait cohérence entre les grandes lignes de l’éducation parentale et les axes majeurs des programmes de l’Education nationale proposés par l’école primaire bilingue. Des parents informés de ce qui se fait à l’école primaire bilingue comprendront mieux le comportement de leur(s) enfant(s) et seront plus à même de le(s) soutenir si nécessaire.
La connaissance des activités de l’école primaire bilingue peut revêtir deux aspects : communication "organisée" et communication plus "spontanée".
LE "PLANNING" PEDAGOGIQUE
Les enseignants établissent un "planning" trimestriel. Dans le respect des programmes, la mise en œuvre des champs disciplinaires est toutefois susceptible d’être modifiée en fonction du nombre, de l’âge et des besoins des enfants. Ce "planning" déclinera toutes les matières et activités telles que définies dans les programmes, du CP au CM2.
Ils comprennent :
- un thème générique et global,
- des thèmes spécifiques,
- des séquences (dire, lire, écrire),
- des plages d’activités extérieures.
CONCLUSION
La maîtrise du langage est l’objectif majeur du programme de l’école élémentaire. Ce projet pédagogique concerne les élèves du CP au CM 2. Il a pour objet de permettre à des enfants francophones d’accéder à une bonne maîtrise de la langue française et d’une langue étrangère (pour des étrangers, à celle du français). La transversalité de l’ensemble des apprentissages s’opère aussi entre le français et la langue étrangère. Mais, dans tous les cas, l’enfant pourra acquérir toutes les connaissances et compétences enseignées dans des classes spécifiques et monolingues.
Pour un très jeune enfant, se familiariser avec une langue étrangère, c’est plutôt facile et amusant.
Pourquoi et comment apprendre une seconde langue dès 2 ans et demi, 3 ou ans ?
Pourquoi commencer l’éducation bilingue paritaire dès l’école maternelle? Des études ont prouvé que, dans certaines conditions, de très jeunes enfants sont capables de se familiariser et d’assimiler une seconde langue aussi naturellement qu’ils acquièrent leur langue maternelle. Cette capacité est maintes fois vérifiée chez des enfants de familles immigrées ou binationales, dans des écoles bilingues, en France et dans différents pays (par exemple en Suisse, en Italie, au Luxembourg).
L’éducation bilingue a pour objectif de valoriser et de développer cette capacité.
Les conditions nécessaires pour assurer le succès de cette éducation sont :
- la précocité
Il faut commencer très tôt, si possible dès la première année de « socialisation » de l’enfant, c’est-à-dire à 2 ans et demi ou 3 ans (et au plus tard à 4 ou 5 ans).
- un volume horaire suffisant
Pour que l’immersion linguistique profite au mieux à l’enfant, il est souhaitable que les deux langues soient utilisées pendant le plus de temps possible et qu’elles soient pratiquées de manière équivalente. L’idéal est une répartition égale entre les deux langues. C’est ce qu’on appelle l’éducation bilingue paritaire.
- une identification de la langue avec l’intervenant
Il est indispensable de prévoir un intervenant différent pour chaque langue, de manière à permettre à l’enfant de percevoir l’identité propre de chaque langue. Bien entendu, il doit y avoir une étroite coopération entre tous les intervenants pour garantir une nécessaire homogénéité pédagogique.
- un environnement social et familial adapté
Les occasions doivent être multipliées de mettre l’enfant en présence de la deuxième langue, à l’école maternelle privée bilingue et, si possible, au dehors, notamment au sein de la vie familiale. Une famille purement francophone peut également participer à la progression de l’enfant dans l’assimilation d’une langue étrangère (voir § Environnement de l’éducation bilingue).
Les avantages pour l’enfant
Le premier des avantages est de poser des bases solides pour permettre la maîtrise d’une deuxième langue, sans affaiblir la première.
Le second est de contribuer à un développement des capacités cognitives, de l’esprit d’analyse et de prédisposer l’enfant à une plus grande ouverture d’esprit.
La combinaison du français et d’une langue étrangère prépare, dans d’excellentes conditions, à l’apprentissage ultérieur (dès le CM 1)
Comment fonctionne une école maternelle bilingue ?
Organisation pédagogique
La voie bilingue consiste à assurer l’éducation pendant 13 heures en langue étrangère et 13 heures en français par semaine.
La période d’alternance des enseignements en français et en langue étrangère correspond
à deux journées consécutives.
Cette formule a été préférée à celle dite en damier (alternance par journée) parce que l’expérience a montré que l’acquisition n’intervient que lors de la 2ème journée, la première journée correspondant à une phase d’écoute.
Amputé par le repos pour les plus petits, l’après-midi est plutôt dédié à une initiation à la gymnastique, à la musique, aux travaux manuels, à l’informatique et à la découverte
de la nature et de l’environnement.
Comme vu précédemment, cette éducation bilingue applique le principe «une langue, un intervenant», y compris pour les activités d’éveil.
Environnement de l’éducation bilingue
Pour assurer le succès de l’éducation bilingue et compte tenu de la prédominance du français dans notre environnement quotidien, il est nécessaire d’encourager fortement la présence de la langue étrangère :
- en enregistrant pour l’enfant des émissions enfantines en allemand, anglais, espagnol et italien (sur le câble ou par satellite),
- en lui faisant visionner des K7 vidéo mises à disposition par l’école maternelle privée bilingue,
- en lui faisant découvrir des livres avec K7 audio dans les langues étrangères,
- en favorisant les contacts avec des familles bilingues à l’occasion, par exemple, de manifestations organisées par d’autres associations.
Les objectifs linguistiques
Si le français reste la langue dominante dans l’environnement de l’enfant, les compétences linguistiques en français resteront supérieures à celles observées dans la langue étrangère.
A l’école maternelle privée bilingue du Pays d’Aix, l’enfant francophone pourra accéder au stade de la compréhension d’une langue étrangère et atteindra en français le même niveau (oral et écrit) qu’un enfant ayant fréquenté une école maternelle monolingue.
La pédagogie adaptée à l’éducation bilingue, détaillée dans le Projet pédagogique, est conçue de manière à permettre à l’enfant d’acquérir toutes les connaissances dispensées par un enseignement monolingue.
LE PROJET PEDAGOGIQUE
Il apparaît que la pratique précoce de plusieurs langues, bien menée et bien encadrée par des personnes compétentes, ne présente aucun risque majeur pour le jeune enfant. Elle apporte en revanche beaucoup d’avantages, ne serait-ce, dans des cas de plus en plus nombreux, que la possibilité de pratiquer les langues des deux parents. L’écoute d’une langue étrangère, durant la petite enfance, accentuera les facultés d’apprentissage d’une ou plusieurs autres langues étrangères, plus tard, à l’âge du CM1 ou du collège.
Le principal souci des familles bilingues est d’éviter à l’enfant l’impression de marginalisation du fait de la pratique d’une langue étrangère par rapport à l’environnement social et langagier. La langue faible n’est souvent représentée que par un seul des deux parents. Ce déséquilibre entre les langues prend de l’importance surtout à partir de l’âge de trois ans, lorsque l’enfant commence à s’ouvrir en dehors du noyau familial. Il rencontre alors principalement des monolingues parlant la langue de l’entourage. A partir de ce moment, l’enfant aura tendance à ressentir sa langue faible comme inutile, parfois comme dévalorisante, voire même comme source de discrimination. La "pratique renforcée" de sa langue forte associée à une "mise en veilleuse" de sa langue faible aboutiront immanquablement à un effort accru pour la pratique de cette dernière, ce qui constitue une raison supplémentaire de la "boycotter".
Une structure où est pratiquée l’immersion langagière et culturelle, totale et paritaire, représente la solution idéale.
Il est donc indispensable que, dans un tel cadre, les éducatrices d’expression française et étrangère soient distinctes.
Cette solution soutient l’enfant et la famille bilingue à deux niveaux. Elle contribue à revaloriser la langue faible par son institutionnalisation : d’abord, à travers les éducatrices de langue étrangère et, ensuite, par le contact avec d’autres enfants pratiquant une langue étrangère. La langue redevient utile et nécessaire aux yeux de l’enfant. En même temps, la pratique et l’écoute ainsi intensifiées de la langue faible permettent à l’enfant d’améliorer progressivement ses compétences linguistiques. Peu à peu, sa langue faible lui demandera moins d’effort pour s’exprimer, ce qui augmentera d’autant sa disposition à s’identifier à elle et donc à la parler. L’enfant s’épanouira au quotidien dans ce bain du bilinguisme.
Pour ce faire, il faut proposer une structure adaptée à des enfants d’âges différents, issus d’origines et de milieux divers mais qui auront en commun une approche spécifique d’une culture étrangère. Il s’agit donc de créer un lieu de vie, de culture, d’éveil et d’éducation pour les enfants, les parents et les éducatrices. Il doit répondre aux besoins intellectuels, affectifs et sociaux de l’enfant, durant les premières années de sa vie, avant l’école primaire. La particularité en est un atout, puisqu’il s’agit de l’ouverture sur deux cultures par le biais de la pratique précoce du bilinguisme.
A ce stade, il paraît important de souligner qu’être bilingue ne signifie pas seulement parler deux langues. Comme vecteur, le langage est perçu comme la manifestation la plus visible de la prise de contact avec une autre culture. Ainsi le bilinguisme n’est pas dissociable d’un tout culturel, synonyme d’ouverture d’esprit et de tolérance.
La motivation pour des enfants de parents bilingues est relativement forte et évidente. Celle de l’enfant monolingue reste à créer. De cette motivation dépendra, bien évidemment, la réussite du projet. Mais ce degré de réussite dépendra aussi
de la compétence et de la motivation des responsables et éducatrices de l’école maternelle privée bilingue.
Il y a deux aspects :
l’aspect pédago-psychologique ; la connaissance approfondie du développement et des besoins du jeune enfant, en général,
l’aspect langagier et social ; il exige des "médiateurs" bilingues vivant la culture des deux sociétés et connaissant bien les fondements théoriques interdisciplinaires du bilinguisme.
La pédagogie sera fondée sur la reconnaissance et la prise en compte, pour chaque enfant, de toute sa personnalité.
Elle respectera ses rythmes naturels et son développement. Enfin, elle encouragera sa participation au déroulement de la vie du groupe afin de faciliter l’étape très importante de sa socialisation. En effet, son entourage s’agrandit, passant du cercle et noyau familial initial à un groupe plus large, aux relations affectives différentes.
C’est, par contrecoup, la découverte et l’apprentissage de plus d’autonomie. Le temps passé par l’enfant au sein de l’école maternelle bilingue doit lui permettre de se sentir dans un milieu sécurisant et stable, gage de ses progrès.
Il progressera et s’épanouira à son rythme, sans avoir constamment peur d’entreprendre. Il y gagnera donc aussi en confiance et en maîtrise de soi ce qui sera particulièrement visible pour des enfants réputés très timides ou réservés, voire simplement qualifiés de maladroits.
Sans être identique pour tous et quantifiable de la même façon, la progression de l’enfant se fera par étapes, chacune correspondant à un but éducatif. On peut considérer l’âge de l’enfant comme un repère plutôt que comme un critère.
LES BUTS EDUCATIFS
A chaque activité proposée correspond un but précis.
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Le jeu collectif ou individuel libre |
Développer la créativité et la libre expression, initier l’enfant à un comportement sociable et à gérer les conflits |
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L’éducation langagière |
Apprendre à l’enfant à écouter et à utiliser la parole, à être capable de saisir son environnement par des mots, à décrire, donc à communiquer |
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L’éducation sociale, le groupe et son comportement |
Développer la faculté de prise de décision, celle d’agir, de se positionner : connaître, se connaître, reconnaître l’autre et le respecter, s’intégrer dans un groupe et préparer la socialisation |
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L’éducation rythmique et physique, la motricité |
Développer les sens, établir un équilibre corps / esprit |
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Les activités manuelles |
Développer la motricité, responsabiliser par rapport à un matériel, apprendre à être patient |
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L’éducation culturelle et la découverte de l’environnement |
Observer, décrire, constater, comparer et apprendre à vivre les différences, à respecter l’environnement et le bien collectif |
LES DIFFERENTES ACTIVITES EDUCATIVES
Le jeu libre
L’activité ludique de l’enfant est très importante et révélatrice. Elle est une finalité en soi et doit lui procurer plaisir et satisfaction. A plusieurs niveaux, elle représente l’un des éléments les plus importants pour le développement de l’enfant.
En jouant, l’enfant manipule des objets et s’habitue à leur usage. C’est ainsi qu’il peut exercer et perfectionner sa motricité, son langage, ses compétences sociales. Il peut tester toutes sortes de situations, "sans danger", c’est-à-dire sans réel risque d’échec, puisque "ce n’est qu’un jeu".
Un autre aspect important de l’activité ludique est de permettre à l’enfant de "s’affranchir" du contrôle de l’entourage. Au quotidien, l’enfant vit sans cesse "sa dépendance" et "son impuissance" par rapport aux adultes. Dans le "jeu libre", pour une fois, c’est lui qui contrôle. C’est lui qui fixe les règles, qui détermine les objectifs à atteindre. Ainsi, le jeu permet à l’enfant d’affermir sa confiance en lui-même.
En même temps, le jeu prépare au travail, activité socialement reconnue. L’enfant apprend à se concentrer sur une activité et à ne s’arrêter que lorsqu’il a "fini", c’est-à-dire lorsqu’il a atteint son but personnel.
"Last but not least", le jeu contribue au développement de la fantaisie et de la créativité, fonctions essentielles pour le développement et l’épanouissement de l’enfant.
L’activité ludique sera appréciée tout particulièrement en fonction du temps consacré et au choix fait par l’enfant du matériel de jeu, servant de support à notre démarche pédagogique pour l’approche du bilinguisme.
L’éducation langagière
Le langage du jeune enfant est très étroitement lié au mouvement, à la gestuelle et au mime. C’est là que s’exprime toute la valeur éducative des comptines, poésies, chansons, jeux de doigts et rondes.
Conter une histoire et la faire raconter, jouer ou dessiner peuvent être des vecteurs complexes d’apprentissage. C’est pourquoi il est important qu’un enfant puisse écouter une personne conter une histoire. Le support audio ne peut remplacer l’éducatrice, aussi bien dans un contexte monolingue que bilingue.
La tranche d’âge de deux à quatre ans représente une période particulièrement propice pour "initialiser" la pratique d’une autre langue. Celle-ci n’apparaîtra pas comme un apprentissage systématique, mais comme un outil pour jouer, découvrir, bouger, toucher, créer. Ainsi, pour un enfant monolingue francophone, l’autre langue deviendra progressivement l’instrument de pensée, de jeu et d’apprentissage au sein de l’école maternelle bilingue. Ceci exige que l’enfant ressente une forte motivation au point de considérer l’usage de cette autre langue comme une nécessité sociale. Alors, tout naturellement, il fera un effort. C’est tout le sens de notre démarche pédagogique. Mais en matière de petite enfance, il faut rappeler qu’il y a des limites à ne pas transgresser. Tout ce qui est possible n’est pas pour autant autorisé. Le rôle de l’éducatrice est donc très important. Elle veillera à ce que les efforts consentis restent du domaine de l’acceptable.
L’enfant sera accueilli dans sa langue, pour le sécuriser. Au fil du temps, il apprendra et comprendra les règles du jeu. Il essaiera de comprendre et d’utiliser l’autre langue, dans un environnement devenu familier.
La communication est un objectif majeur. Les jeux langagiers permettent aux enfants de s’entraîner à reproduire des sons, sans obligatoirement comprendre. Au début, il s’agit d’accompagner des gestes et des actions par la parole pour habituer l’oreille à cette autre langue. Mois après mois, l’enfant grandira et son vocabulaire, dans l’autre langue, s’élargira. Il essaiera tout doucement d’utiliser tout ce qu’il a enregistré jusqu’alors, pour faire comme les autres, pour faire comme l’éducatrice, en qui il a pris confiance.
Ce niveau atteint, l’accompagnement doit devenir plus actif et on peut introduire un apprentissage oral, plus systématique, quoique toujours ludique. L’enfant participera à des ateliers, de dix à quinze minutes, plusieurs fois dans la journée, pour l’aider à progresser. Il s’agit d’organiser et de mettre en place le potentiel acquis.
L’éducation sociale
L’enfant, peut-être pour la première fois, doit s’intégrer dans un groupe, vivre dans une société définie, faire l’apprentissage d’obligations nouvelles, comme, par exemple, se rendre tous les jours à l’école maternelle bilingue.
L’un des premiers buts de l’école maternelle bilingue est de préparer et d’accompagner cette socialisation. Les activités sont donc aussi orientées dans ce sens. Cette période de "coupure progressive du cordon familial" est donc le moment de la découverte de la vie sociale et collective, d’un "monde du dehors" et, en l’occurrence, d’une autre langue, d’une autre culture. Surtout, cet éveil précoce à une autre culture développera des comportements de compréhension, de tolérance et de respect mutuel de l’autre.
L’éducation musicale, rythmique, manuelle et artistique
Cette période exceptionnelle doit être mise à profit pour éveiller les sens de l’enfant, gage d’un développement harmonieux.
L’activité musicale est directement liée à l’éducation physique et rythmique : l’enfant trouve ici le temps de "souffler", de "récupérer". Elle revêt aussi une très grande importance dans la découverte de la concordance, ou non-concordance, phonétique des sons entre les deux langues.
Le rythme, le son et le mouvement sont de merveilleux outils pour développer les sens de l’enfant. Il ressent beaucoup plus qu’il ne comprend.
L’activité manuelle "artistique" doit d’abord permettre une symbiose avec la matière. Elle doit contribuer à développer la motricité, l’imagination et le goût.
Le plaisir du résultat, de concrétiser, d’exprimer son "ressenti", d’aboutir à un produit fini, est une expérience indispensable pour l’enfant. Elle sera une motivation forte pour l’inciter à s’appliquer et à être patient.
L’éducation culturelle et la découverte de l’environnement
Une structure où se rencontrent des enfants issus de cultures différentes, se prête tout particulièrement à la découverte de la mentalité, des us et coutumes de l’autre. On peut, toujours dans le respect mutuel, comparer, essayer, faire comme l’autre, s’étonner et préférer, choisir, prendre ses distances et définir sa façon d’agir.
Au gré des saisons, l’enfant apprendra à découvrir, à respecter et à préserver son environnement par des thèmes toujours adaptés à son éveil.
L’IMPORTANCE DES RYTHMES
L’enfant a besoin de retrouver, dans toutes les activités proposées, un rythme qui organise et compartimente sa journée et lui serve de repère. Cela contribue à le sécuriser et permet d’équilibrer et d’harmoniser ses activités.
La prise en compte des saisons et des fêtes, sans exclusive culturelle ou religieuse, offre de multiples possibilités pédagogiques. Les fêtes allemandes traditionnelles sont, à cet égard, nombreuses et réparties tout au long de l’année. Citons, à titre d’exemple, en septembre, la fête de la moisson, en novembre, la fête de la lumière, "Nicolas et le père fouettard" début décembre, etc. La préparation et la célébration des fêtes, tout au long de l’année, poursuivent plusieurs objectifs. Tout d’abord, on peut dire que par leurs rites et chansons, elles sont des vecteurs de connaissances et de valeurs culturelles pour les enfants. Mais aussi, les connotations positives créées par les fêtes seront automatiquement associées à la langue et contribuent ainsi à sa (re)valorisation. Enfin, elles peuvent être l’occasion de réunir enfants et parents. C’est un moment privilégié où les enfants montrent à leurs familles ce qu’ils ont appris ou réalisé à cette occasion.
UN PROJET PEDAGOGIQUE EN COOPERATION AVEC LES PARENTS
Il est particulièrement important qu’il y ait cohérence entre les grandes lignes de l’éducation parentale et les axes de socialisation proposés par l’école maternelle bilingue. Si les parents sont informés de ce qui se fait à l’école maternelle bilingue, cela se ressentira bénéfiquement sur le comportement de l’enfant.
La connaissance des activités de l’école maternelle bilingue peut revêtir deux aspects : communication "organisée" et communication plus "spontanée" (Cf. Règlement intérieur).
LE "PLANNING" PEDAGOGIQUE
Les éducatrices établissent un "planning" trimestriel. Il est susceptible d’être modifié en fonction du nombre, de l’âge et des besoins des enfants. Ce "planning" déclinera les thèmes avec les activités et les buts poursuivis ou souhaités. Il comprend :
un thème générique et global,
des thèmes spécifiques,
des séquences :
de jeux,
d’éducation langagière,
d’éducation manuelle,
d’éducation musicale et rythmique,
des plages d’activités extérieures.
CONCLUSION
Ce projet pédagogique concerne des enfants de deux à cinq ans. Ils ne sont pas encore astreints à suivre un programme scolaire, même si l’on "attend" un certain niveau d’acquis au sortir de "la grande section". Beaucoup moins (et différemment) sollicités que les écoliers, ils pourront d’autant mieux, et très naturellement, consacrer une partie de leurs "efforts" à se familiariser à une langue étrangère. Ce projet pédagogique a pour objet de permettre à des enfants francophones d’accéder au stade de la compréhension d’une langue étrangère et à des enfants étrangers, à celle du français. Mais dans tous les cas, l’enfant pourra acquérir toutes les connaissances dispensées par un enseignement monolingue.